GRAND ANGLE

Mamadi, Alya et Michel sur images: Ni hasard, ni un acte innocent (Par Marouane)

Faut-il se réjouir tout simplement de revoir des hommes portés disparus par la volonté du prince, auquel tout le monde doit s’en remettre désormais, ou s’inquièter de ce qu’est devenu l’Etat ? Peut-on encore parler de justice en Guinée lorsqu’on interpelle dans des conditions mystérieuses et libérer pour des raisons troublantes ?
L’image de Mamadi, Alya et Michel procède plus d’une opération de charme et d’une tentative de rappeler toutes les troupes au chevet du Colonel au moment où le régime de transition paraît vaciller avec l’accumulation des problèmes et les adversités de plus en plus nombreuses et frontales qu’elle ne relève d’un acte purement humanitaire.
Derrière ce que d’aucuns pourraient voir comme le cadeau du chef, il semble y avoir le souci du Président de la transition de réduire les fronts contre lui. D’autres plus regardants, eux, s’interrogeront si le pouvoir politique n’est pas au-dessus de la justice qui va à son rythme et subit ses intérêts.
Pendant que le Commandant Alya Camara est arrêté et poursuivi, le débat qui cristallisait l’opinion portait sur son lieu et conditions de détention.
Présenté héroïquement comme le tombeur attitré d’Alpha Condé, le commandant Alya Camara, par la suite est tombé en disgrâce et a connu diverses infortunes. La réapparition brusque de l’homme aux côtés du Colonel après plusieurs mois d’interrogations et de spécutions à propos du sort qui lui est réservé, intrigue, interroge, bouleverse.
Ce n’est pas par hasard, ni innocent.
Alors, faut-il frémir de peur ou sauter de joie ?
Le Palais est devenu le centre de décision, par excellence, du pays, le régulateur par caprices de l’Etat et de la République où tout commence et finit aussi, au grand dam de ceux qui défendent la séparation des pouvoirs, s’opposent à tout exercice solitaire du pouvoir.
En tout cas, du jour au lendemain, on peut passer de pestiféré à citoyen d’honneur, d’homme banni à invité du palais. Tout dépend de comment on est vu et jugé par le seul maître à bord.
A l’inverse, on peut passer de ministre à prisonnier, d’homme fort à citoyen ordinaire et anonyme si on fâche et contrarie le tenant du pouvoir.
A ce que je sache et jusqu’à preuve du contraire, le Commandant Alya Camara n’a ni été inculpé, ni disculpé dans la procédure judiciaire ouverte à son encontre pour le fait présumé de vol ou pour le motif d’inconduite allégué pour sa radiation, il est revenu comme il était parti : incognito, ni vu ni connu. Dans un cas, pour une faute qu’on attend toujours de connaître, preuves à l’appui, dans l’autre, au nom de la magnimité du Chef qui a ses raisons qu’il pourrait dévoiler dans les prochains jours car il faut bien croire qu’il y aura d’autres épisodes d’un feuilleton à rebondissements.
En attendant, on continue à se poser des questions car la nouvelle posture du palais qui prend de court tout le monde, pour le moins, surréaliste, juridiquement pose problème, politiquement, laisse entrevoir d’autres événements difficiles à prévoir dans le jeu de pocker menteur qui commence.
Décidément, la transition en cours, est atypique à tous points de vue. Elle fait tout comme bon lui semble sans se préoccuper des exigences de l’opinion, ni des bons usages de la République et de l’Etat de Droit. Difficile de déterminer la nature du régime , de prévoir les réactions des dirigeants parce que chaque jour réserve son lot de surprises qui chaque fois fait bondir les citoyens qui se sentent perdus et impuissants devant les nombreux coups de théâtre et renversements de situation. Comment en est-on arrivé là? s’interroge chacun aujourd’hui.
Quant au sieur Lamah, le palais a voulu donner une réponse aux rumeurs qui l’annonçaient pour mort. Pour couper court aux racontars des blogueurs, il a été sorti de sa tanière.
Que faut-il retenir donc ?
Que le temps est venu de rétablir les uns et les autres dans les droits perdus, de restituer à chacun les libertés confisquées. Le CNRD et son chef, ont-ils compris qu’il faudrait lâcher du lest avant qu’il ne soit trop tard ou voudraient-ils faire encore diversion pour gagner du temps et avoir un nouveau répit ?
Apparemment, en 2024, on pourrait en voir et vivre des choses. Les erreurs du passé peuvent se répéter, mais, elles ne peuvent triompher de l’avenir.

Par Marouane, éditorialiste.

Guineesignal

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